Football - Coupe du monde

13 juin 2018 19:58; Act: 13.06.2018 19:58 Print

A Moscou, les Latinos s'occupent de l'ambiance

par Robin Carrel, Moscou - Les Sud-Américains et les fans du Mexique sont les premiers à déferler sur la Place Rouge. Les autres sont un peu plus timides.

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Quelques Égyptiens par-ci, deux ou trois Saoudiens par-là, des Australiens déjà éméchés, des Français au guidon de «Vélibs'» locaux, ainsi que Michel Pont ne sachant pas quelle file prendre à l'aéroport, mardi... Moscou est à quelques heures du match d'ouverture de la Coupe du monde 2018, mais son organisation dans deux stades de la ville n'était que moyennement perceptible, avant que la communauté latino ne s'occupe d'égayer la chose.

Mardi, on se disait que les supporters avaient beau débarquer de toute la planète, il était pour le moins facile de se perdre dans la masse des quelque 12 millions de personnes qui peuplent la capitale russe. A se demander d'ailleurs pourquoi les prix des hôtels et des appartements de location ont à tel point flambé. Trouver un pied à terre pour l'ensemble de la compétition à moins de 10'000 francs tenait, en effet, du miracle.

Pas de «petites magouilles»

En plus d'un début de tournoi qui, soyons honnêtes, ne vend pas du rêve (il y avait sans doute quelques «petites magouilles» à la Platini à faire, histoire de rendre l'affiche d'ouverture un peu plus sexy qu'un Russie - Arabie Saoudite, soit le 70e contre le 67e du classement FIFA)... Mais les stands de volontaires commencent à fleurir tout de même, des drapeaux à la gloire de la mascotte Zabivaka sont hissés, la sécurité se renforce drastiquement... et surtout ça parle espagnol de partout au Centre-Ville.

Colombiens, Mexicains, Péruviens, Argentins, Brésiliens... Ils s'occupent d'animer une Place Rouge garnie auparavant quasiment uniquement de Chinois et autres touristes. Les télévisions du monde entier en raffolent et ils font la file pour aller quémander un «Pérou! Pérou!» à un gang de supporters de la ‎Blanquirroja ou une ode à la gloire du Mexique aux fans aztèques. Comme ça nous a interpellé, on est allé directement demander aux principaux intéressés pourquoi il étaient les seuls à déjà faire la fête.


«La Coupe du monde, c'est très important pour nous, les Latinos. Ça fait partie de notre culture, assure Erik*. 80% des gens de chez nous vendraient leur voiture et préféreraient arrêter de manger pendant un mois pour pouvoir vivre ça! On est en plein rêve, nous les Mexicains, alors imaginez le Pérou qui n'avait plus joué le Mondial depuis 1982! Franchement, je suis super excité, on va faire une fête énorme.»

Son compatriote Martin* à côté de lui, timide au départ puis de plus en plus intéressé par la conversation, surenchérit: «Les jours avant la compétition, pour nous Sud-Américains ou Mexicains, ce sont les plus importants à vivre à fond. On a encore tous l'espoir de gagner, de faire partie des meilleurs... On espère que ça va nous porter bonheur, parce que ça risque d'être un peu plus compliqué sur le terrain...»

La Russie, par contre...

Ça frémit donc, en espérant que la «Sbornaya» permette à la sauce de prendre. Et c'est peut-être là que le bât blessera quelque peu, car ils ne sont pas nombreux à croire en les chances de la troupe coachée par Stanislav Cherchesov... Un rapide détour par un bar sportif de la place a fini de nous en convaincre.

Ah qu'il paraît loin le temps où tout un pays s'était enthousiasmé lors de l'Euro 2008 en Suisse et en Autriche, dans la foulée des exploits d'Andrey Arshavin et de Roman Pavlyuchenko, qui avaient porté le pays jusqu'en demi-finale. Mais bon, il paraît que le ballon est désormais rond et qu'il n'y a plus de petites équipes...


*Erik et Martin ne sont pas des prénoms d'emprunts. Ils m'ont dit qu'ils savaient que leur patronyme ne sonnaient pas vraiment mexicain, mais qu'ils venaient bien de là-bas. Je les ai rassurés en leur affirmant qu'il y avait plein de Kevin en Suisse, si jamais.


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