Suisse

01 mars 2018 18:22; Act: 01.03.2018 20:47 Print

Enfants placés: «le délai doit être prolongé»

Le Vaudois Luc Recordon souhaite que les victimes de placements abusifs aient plus de temps pour s'annoncer. Le délai du 31 mars est trop serré selon lui.

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Le Vaudois Luc Recordon a plaidé jeudi à Lausanne pour une prolongation du délai. (Photo: Keystone)

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Le délai au 31 mars pour les demandes des enfants placés contre leur gré doit être prolongé. De nombreuses victimes ne se sont pas encore annoncées ou ne sont tout simplement pas au courant du processus en cours.

Avec le délai actuel, «toutes les personnes concernées ne pourront pas obtenir réparation. Il faut convaincre les Chambres fédérales de fixer une nouvelle échéance», a plaidé jeudi à Lausanne le Vaudois Luc Recordon, membre du comité d'initiative et ancien conseiller aux Etats (Les Verts).

En dessous de la réalité

Selon les derniers chiffres officiels qui datent du 21 février, il y a actuellement 5691 demandes d'enfants placés déposées, dont 391 pour le canton de Vaud. Le total des demandes possibles s'élève pourtant à 15'000 environ, a expliqué le député vert vaudois Raphaël Mahaim.

L'élu a expliqué le sens de la résolution qui devrait être votée mardi prochain au Grand Conseil. Le premier but est de «battre le rappel de toute urgence» afin que les victimes puissent obtenir cette contribution de solidarité après toutes les souffrances endurées. Il faut mobiliser toutes les organisations, tous les services de l'Etat afin que l'information passe.

Se battre comme des lions

Le deuxième objectif consiste à «se battre comme des lions pour que Berne prolonge le délai». Il ne faut «aucun formalisme» dans un dossier aussi sensible, a argumenté Raphaël Mahaim, craignant que l'on inflige une deuxième fois des souffrances à ces personnes qui ont déjà subi un parcours de vie très difficile.

L'ONU a reconnu que ces enfants placés contre leur gré ont été victimes de «tortures», a affirmé Clément Wieilly, membre actif de cette cause et lui-même victime. Il a expliqué le travail d'information qu'il a entrepris tous azimuts. «C'est incroyable» de constater le nombre de personnes ou de services sociaux qui ne sont pas au courant.

Urgent d'agir

«Il reste un mois pour agir», a relevé encore Luc Recordon, ne cachant pas sa crainte après qu'une commission du Conseil national a refusé il y a quelques jours une prolongation du délai. Pour mémoire, la loi fédérale sur les mesures de coercition à des fins d'assistance et les placements extrafamiliaux antérieurs à 1981 (LMCFA) remonte au 30 septembre 2016.

Le Conseil fédéral a mis à disposition une enveloppe de 300 millions de francs maximum. Chaque victime devrait toucher une contribution de solidarité de 25'000 francs. Les 366 premiers versements ont eu lieu en janvier. Ils concernent les personnes très âgées ou gravement malades.

(nxp/ats)