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Energy Challenge

12 juin 2018 10:42; Act: 13.06.2018 23:36 Print

Ces animaux en danger à cause du réchauffement

par Stephanie Sigrist - Les effets de la hausse générale des températures se font considérablement ressentir en Suisse. Quelles conséquences pour notre faune?

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Abeilles: le changement climatique joue fortement sur larrivée du printemps, et ce de différentes manières. Cela peut empêcher la bonne coordination entre abeilles et plantes et, daprès une recherche de luniversité de Wurtzbourg, les abeilles risquent de ne pas pouvoir se nourrir si elles mettent fin trop tôt à leur hibernation. Hérissons: le problème est le même pour les hérissons: ces animaux à piquants commencent à hiberner lorsque les températures sont inférieures à six degrés Celsius pendant une longue période. Depuis quelques années, les hérissons interrompent leur hibernation plus tôt, dès que les températures dépassent durablement les six degrés. Pendant leur hibernation, les animaux consomment dénormes quantités de leurs réserves de graisse. Pour les hérissons, la reprise soudaine de lhiver ne laisse souvent peu de chances de survie. Marmottes: les marmottes sont sensibles à la chaleur et se réfugient dans les régions les plus en hauteur des Alpes. Toutefois, il arrive un moment où la couche dhumus ne suffit plus et le sol nest pas assez épais pour quelles puissent creuser des terriers assez profonds pour hiberner en sécurité. Lagopède alpin: comme lenneigement des montagnes dure moins longtemps, de nombreux animaux se retirent dans des régions de plus en plus élevées. On trouve maintenant le lagopède alpin environ 120 mètres plus haut quil y a encore 20 ans. Cela signifie que son biotope se rétrécit et que ses populations, qui se retrouvent isolées, se réduisent. Lièvre variable: le lièvre variable est confronté au même problème. Daprès des prévisions, il aura perdu en moyenne plus dun tiers (35 %) de son biotope dici à 2100. (Photo: Parc national suisse) Truite de rivière: avec le réchauffement climatique, la température moyenne de leau des lacs et rivières suisses augmente également. Les poissons deau froide, comme les truites, meurent lorsque la température dépasse 20 degrés celsius. (Photo: Fischlexicon / Stefan Weigel) Bouquetins: vu que la fonte des neiges a lieu plus tôt au printemps et que la végétation pousse plus vite, les bouquetins vont dans les hauteurs en fin dété et à lautomne. Les chamois eux aussi sont poussés vers les hauteurs à la fin de lété et en automne. Amphidromus perversus: le réchauffement climatique profite aux espèces sensibles au froid. Divers papillons, les orthoptères et quelques espèces descargot comme lamphidromus perversus, une espèce tachetée, peuvent se propager et étendre leur biotope. Bostryche: les parasites, comme le bostryche représenté sur limage, le doryphore ou le puceron se reproduisent mieux lorsque les températures sont plus élevées. Ils représentent un danger pour la flore.

Une faute?

Depuis 1850, la température moyenne annuelle a augmenté de 1,8° C en Suisse, contre 0,85° C dans le monde. D’ailleurs, selon le rapport «Coup de projecteur sur le climat suisse» du Forum pour le climat et les changements globaux, le réchauffement climatique touche particulièrement notre pays.

Ces changements sont avant tout visibles dans l’espace alpin. Ainsi, depuis le milieu des années 1980, les glaciologues de l’Université de Fribourg observent une fonte importante des glaciers dans l’ensemble de l’espace alpin. Celle-ci est directement liée à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre produites par la société industrielle et au réchauffement mondial
qu’elles provoquent.

A l’avenir, en Suisse, la saison des sports d’hiver se réduira de quelques semaines et l’étage nival remontera de plusieurs centaines de mètres. Dans un premier temps, le changement climatique touchera en particulier les domaines skiables situés à moins de 2000 mètres d’altitude. La saison des randonnées devrait au contraire se rallonger et, entre le printemps et l’automne, attirer davantage de marcheurs dans les montagnes. Le risque de chute de pierres lors de randonnées a toutefois augmenté: au fil du temps, les couches les plus profondes du permafrost fondent, ce qui peut provoquer des éboulements.

La hausse de la production de pollen entraîne une augmentation des allergies

Les plaines ne sont pas épargnées: le changement climatique y est également responsable de décès et de problèmes de santé. Les étés caniculaires comme celui de 2003 peuvent se révéler mortels, notamment pour les personnes âgées. Selon les médecins, les personnes allergiques constatent déjà les premiers signes du réchauffement mondial. Les allergologues craignent que la hausse de la concentration de CO 2 ne stimule la production de pollen chez les plantes et n’augmente donc les allergies.

Les conséquences économiques directes se font particulièrement ressentir dans les secteurs productifs et manufacturiers. En première ligne, le secteur agricole souffre des périodes de sécheresse et, à l’avenir, les agriculteurs dépendront plus souvent de l’irrigation. Mais la sécheresse fait également souffrir les pins. Les épicéas, qui jouent un rôle extrêmement important dans l’économie forestière, menacent de disparaître dans les forêts du Plateau, notamment à cause du manque d’eau et de la persistance des bostryches.

Un animal sur six disparaîtra dans les cent ans à venir

Outre la flore, la faune souffre elle aussi fortement du changement climatique. D’après le «National Geographic» (lien en allemand: https://www.nationalgeographic.de/tiere/2017/02/welche-tiere-
aufgrund-des-klimawandels-wahrscheinlich-zuerst-aussterben), un sixième des espèces animales devrait disparaître dans les cent ans à venir en raison de la hausse générale des températures et des changements environnementaux qu’elle entraîne. D’autres chercheurs considèrent que seules quatre espèces animales sur cinq verront le prochain siècle. Les images ci-dessus vous montrent quelles sont les espèces locales qui souffrent particulièrement du changement climatique.

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